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En crise ? Proposer une histoire qui mobilise, pas qui rassure !

Votre entreprise traverse une tempête… et vos équipes ne réagissent pas comme vous l’espériez ? L’anxiété s’installe ce qui crée de la frénésie chez certains, des blocages chez d’autres?

Il y a une erreur naturelle que l’on voit fréquemment et dont nous voulions parler aujourd’hui : celle de vouloir rassurer au point de perdre toute chance de mobilisation ! Alors nous allons tenter de vous expliquer comment ne plus tomber dans cet écueil pour enfin mobiliser vos équipes autour de projets difficiles mais exaltants !

Chez Albus on vous accompagne à parler des changements que vous voulez opérer sous forme de récits courageux, parce qu’on sait que depuis la nuit des temps ce sont eux qui permettent aux humains de coopérer à grande échelle. On sait que le récit a ce pouvoir incroyable de poser des mots sur ce qui est vécu, de rendre intelligible la complexité, de donner du sens à des difficultés, comme une Aventure.

1. Osez tout dire (mais pas n’importe comment) !

Ce qu’on voit souvent dans vos prises de paroles :des vérités édulcorées, des situations minimisées, non pas avec une volonté de mentir mais en pensant protéger et ne pas effrayer les collaborateurs.Finalement, cela crée des déceptions et des incompréhensions pour vous sur la réaction trop faible des collaborateurs.

Pourquoi ces réactions ? Parce que ne pas dire la vérité est dangereux.

D’abord cela crée une dissonance entre le discours et les actes. Vous allez prendre des décisions qui paraîtront brutales (se séparer de collaborateurs, exercer une pression accrue, demander des efforts supplémentaires…) sans que les équipes aient eu de réelles explications, ce qui va nourrir la méfiance, pourra générer de la passivité, de l’opposition voire des RPS.

C’est aussi un signal implicite d’infantilisation : en ne partageant pas la réalité, on suggère que les équipes ne seraient pas en capacité de l’assumer.

Enfin, vous vous privez de l’énergie que les individus peuvent mobiliser face
à l’adversité. Sachez que le flou donne souvent aux meilleurs éléments l’envie de partir
puisqu’ils perçoivent le problème sans se sentir associés à la solution.

Ce qu’on vous conseille de faire :

 Pratiquer l’art de la vérité : c’est-à-dire poser un constat lucide et honnête même si douloureux sur une situation en étant capable d’être compris du COMEX à l’agent d’accueil, et donc en faisant de la pédagogie, en simplifiant sans être simpliste et en posant les vrais mots. Oser tout dire de la situation donc, mais proposer une raison de se battre pour rendre cette vérité mobilisable! Une raison de se battre proportionnelle à la gravité de la situation.

Vous pouvez lui donner le nom que vous souhaitez, ambition, Graal…le tout est qu’elle ne se limite pas au fait de “sauver l’entreprise” ou de « rebondir après la crise » mais qu’elle interroge le projet de l’organisation : que veut-on apporter aux clients, aux collaborateurs, à la société ?Qu’est-ce qui nous porte tous ensemble pour les prochaines années ?

Trop insister sur la menace conduit à l’anxiété ou la peur, trop insister sur l’ambition donne le sentiment d’un idéalisme hors sol. L’équilibre à trouver est exigeant mais très payant en termes de mobilisation !

Deux exemples marquants :

Le premier dans notre histoire collective avec l’exemple de la Résistance française qui illustre bien cette articulation. Face à la menace extrême connue de tous, les différents mouvements ont su converger vers un récit commun, tout en préparant un projet politique ambitieux, incarné notamment par le programme du Conseil national de la Résistance porté par Jean Moulin et intitulé « Les jours heureux ».

Le second dans notre expérience de conseil, nous avons accompagné un grand acteur du Retail qui était dans une situation business compliquée et qui a osé dire à l’ensemble de l’organisation qu’ils étaient au pied du mur, que l’équation économique était intenable et qu’il était temps de lancer une révolution, en proposant un projet avec une empreinte sociétale qui permettrait que chaque euro rapporté ait une contribution positive sur l’environnement.

2. Osez les solutions radicales !

Ce qu’on vous conseille de faire :

Vous devez absolument proposer un plan proportionnel à la gravité de la situation et à l’ambition proposée. Et cela passera peut-être par le fait de cesser un produit historique, fermer une filiale, repartir de zéro sur certains sujets…si ce sont les solutions auxquelles vous croyez, alors il faut l’afficher tout de suite. Cela va faire réagir bien sûr, mais cela va rassurer aussi car il n’y a rien de pire qu’une réponse qu’on ne sent pas à la hauteur de l’enjeu.

Un exemple marquant :

Un acteur des Cosmétiques qui a pris la décision de fermer une importante filiale en Asie alors qu’il s’agit d’un énorme marché : perdant trop d’argent là-bas, ne voyant pas d’issue favorable et ayant besoin de retrouver des capacités d’investissement rapidement pour consolider des marchés plus porteurs en Europe.

Ce fut une décision très difficile à assumer, tant pour les équipes sur place qui perdaient leurs emplois que pour les équipes au siège qui avaient passé beaucoup de temps ces dernières années à relever la marque dans cette partie du monde, pourtant tout le monde a compris la nécessité de cette décision au regard des chiffres.Pour les collaborateurs les plus lucides, c’était même un soulagement.

3. Y mettre autant de cœur que de raison

Ce qu’on voit souvent :

Vous pensez parfois que vous allez convaincre avec des récits rationnels, sur fond de graphiques, de chiffres complexes, et de raisonnement implacable qui vont rassurer sur votre professionnalisme.

Mais le problème est que cela donne souvent des prises de paroles froides et désincarnées. On n’adhère pas à un changement seulement parce que le constat et la solution sont logiques, mais bien parce que quelque chose d’autre nous donne envie d’y adhérer !

Ce qu’on vous conseille : Mettez des émotions dans vos récits ! Rappelez-vous que ce sont elles qui influencent les décisions, créent l’engagement et permettent de se connecter à une audience (ce n’est pas nous qui le disons, ce sont maintenant les chercheurs en neurosciences).

Et oui ce n’est pas facile, surtout que l’entreprise est un lieu où on a justement tendance à éteindre les émotions. Alors comment faire?

Cela commence par sonder ses propres émotions : comprendre vos motivations à faire ce projet, vos doutes, ce qui fait qu’on vous y croyez, ce qui vous fait rester…et ne pas hésiter à partager aussi ce qu’on pourrait considérer comme des émotions souvent jugées moins nobles, comme la colère, la préoccupation, la tristesse. Tant qu’elles sont vraies, dosées, bien exprimées.Un bon exercice est de se demander si le récit que l’on écrit nous procure des émotions, s’il sonne juste pour soi.

Et bien sûr l’authenticité est aussi vis-à-vis des collaborateurs et de ce qu’ils vivent :les équipes doivent pouvoir se dire que ça ressemble à ce qu’elles connaissent de leur organisation. Essayez de capter ce qu’ils disent, pensent,ressentent pour construire un récit ancré dans leur réalité. Nous avons accompagné beaucoup de leaders en contexte de crise, ceux qui remportent les plus de succès sont eux qui mettent tripes et cœur sur la table !

Un exemple marquant, et on vous laissera là-dessus (tout en vous conseillant de le relire ou de le revoir) est le discours de Churchill en 1940 suite à sa nomination en tant que Premier Ministre, qui est un petit chef d’œuvre. Dans ces mots la menace est terrorisante, l’ambition plus que désirable, le plan radical et les émotions palpables à chaque phrase. En bref, rien ne rassure, pourtant tout donne envie de s’y joindre !

Extraits : « Je n’ai rien à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur »… « Le but, je vous réponds en deux mots : la victoire, la victoire à tout prix, la victoire malgré toutes les terreurs, la victoire quelque longue et dure que puisse être la route : car, hors la victoire, il n’est point de survie. »….« Mais c’est plein d’espoir et d’entrain que j’assume ma tâche, assuré qu’il ne sera pas infligé à notre cause de faillir devant les hommes »… « Allons, en avant tous, unis et forts ! »

Passez enfin d’un CODIR qui ronronne à un CODIR conquérant !

Où on se pose la question de savoir pourquoi on se satisfait d’un Codir improductif alors qu’il doit être une arme efficace, redoutable, indispensable pour faire face au contexte actuel où les transformations et les crises s’enchaînent…

Selon des statistiques récentes (source BPI France), près de 50% des Codirs ne jouent pas leur rôle : décider de la stratégie de l’entreprise et prendre les décisions opérationnelles et managériales permettant de guider son exécution. 

Au lieu de ça, le Codir est souvent un rassemblement de chefs de service, chacun dans son couloir de nage, absorbé par des questions opérationnelles et organisé autour d’un(e) DG qui cadre, propose et arbitre presque exclusivement. Et la réunion Codir ressemble vite à un conseil des ministres juste avant une élection : on a l’esprit ailleurs, on expédie les affaires courantes et on ne prend surtout pas de risque !

Pour transcender votre Codir, nous avons identifié 3 défis et plusieurs solutions. D’abord, sortir du fonctionnement en étoile autour du DG en organisant le « dépassement de fonction », c’est indispensable pour faire passer la casquette Codir au-dessus de celle de chef de service. Ensuite, il y a l’enjeu de s’extirper du 100% court terme alors que tout nous y amène. Pour ça, il y a une vérité universelle : si vous voulez tout faire dans la même réunion, le court terme mangera toujours les autres sujets moins urgents !

Enfin, il y a l’importance d’écrire une histoire commune : pas juste un plan à 3 ans ou les objectifs de l’année, mais un ensemble de choix rationnels et émotionnels qui font que le Codir est porté par une cause supérieure et crée une connivence cruciale !

Défi n°1 : sortir du fonctionnement en étoile autour du DG

Il arrive bien sûr que la concentration du pouvoir d’un Codir autour de son ou sa DG soit liée à sa personnalité trop contrôlante, trop perfectionniste. Mais c’est trop facile de tout mettre sur le chef ! Bien souvent, le problème vient de la répartition des rôles : le DG est le seul qui a la légitimité de décider transversalement des priorités, le pouvoir de tous les autres s’arrêtent naturellement aux frontières de son service ou de son expertise. 

Donc, si on n’organise pas les choses différemment, personne ne se risque à donner un avis sur une expertise qui n’est pas la sienne. Chacun pousse pour favoriser la réalisation des objectifs fixés sur son domaine, et tout le reste (la stratégie globale, les sujets transverses, etc.) est à la main du DG. 

Et de proche en proche, c’est le DG qui fait l’agenda du Codir, qui répartit les tâches et, bien souvent, qui prend toute décision dépassant le cadre d’un service. 

Pour sortir de cet état à la fois naturel et insatisfaisant, il ne suffit pas de demander aux membres Codir de prendre du recul et de sortir de la guerre de clocher, il faut organiser le dépassement de fonctions. 

Pour cela, nous vous conseillons de constituer des mandats, c’est-à-dire de trouver des enjeux qui dépassent les frontières d’un service et de les attribuer aux membres de votre Codir en fonction de ses compétences ou appétences : un travail prospectif sur une innovation ou un nouveau marché, l’élaboration du plan stratégique, l’harmonisation des rituels, la réalisation d’un benchmark, la refonte du dashboard, la simplification des organisations etc. 

Cela a un triple avantage : c’est valorisant pour la personne responsabilisée, ça soulage l’agenda du DG et ça donne une vision globale de l’entreprise. Plus on mène ce genre de mission, plus on s’autorise à avoir un avis sur des sujets en dehors de son expertise, et le DG ne devient plus, ou moins, un passage obligé.  

Défi n°2 : s’extirper de la tyrannie du court terme

C’est le mal le plus répandu… et pour cause : des sujets opérationnels, il y en a toujours. Les traiter, c’est la passion (parfois inavouée) de beaucoup des membres Codir car ils sont plus urgents et plus accessibles que les sujets moyen ou long terme. Résultat, quand quelqu’un met un sujet opérationnel sur la table, il ne se trouve souvent personne pour enlever le jouet des mains de ses collègues du Codir ! 

Alors oui, quand on en parle en séminaire, en prenant du recul, tout le monde est d’accord pour critiquer cet état de fait. On se fixe des règles d’or : pas plus de 30 minutes de tour de table sur les sujets en cours ; on ne parle que des sujets sur lesquels il faut prendre une décision en Codir, etc. et ça ne marche jamais, ou pas plus de 3 mois chez les plus tenaces. 

 Première décision indispensable pour sortir du court terme : créer un cordon sanitaire. C’est-à-dire de ne pas traiter le court terme et le moyen/long terme dans la même réunion. Un Codir sur deux, un Codir plus long tous les trimestres pour le long terme, à vous de choisir en fonction de vos besoins. Et nous vous conseillons même de changer toutes les modalités : pas à la même heure, pas dans la même salle, pas animée de la même façon. Cela permet de vous conditionner à être dans un autre état d’esprit !

Défi n°3 : écrire une histoire commune

Un Codir doit être dirigé non pas par le directeur général mais par le projet d’entreprise. Quels sujets abordés ? Qui porte quels sujets ? Quelles décisions ou actions sont attendues du Codir ? Tout cela doit être issu d’un travail fondamental sur la vision d’entreprise. 

Quand nous parlons de vision commune, nous ne parlons pas de plan à 3 ans ou de chantiers prioritaires, mais d’une histoire que nous voulons faire vivre à l’entreprise ou l’entité que nous dirigeons ensemble. Être clair sur qui nous sommes, d’où nous venons, où nous en sommes et où nous allons. Avoir défini et clarifié ça ensemble. Que ça soit concret, précis et que cela réponde vraiment aux aspirations des personnes du Codir. C’est à la fois simple et difficile à construire. Mais c’est tellement puissant : si on sait que l’on est une entreprise agile et frugale, que nous sommes aujourd’hui une industrie réactive et ingénieuse mais que nous devons devenir proactif et innovant pour anticiper davantage les besoins du client, sortir de la guerre des prix que nous finirons par perdre et développer les partenariats qui porteront notre croissance à venir, on sait ce que l’on doit construire à moyen long terme et on est prêt à y investir du temps !

Face à la crise : quelles alternatives à la frénésie ?

« En ce moment, c’est la crise »

Quand l’alerte est lancée, les réactions sont souvent similaires dans les entreprises : top-down, restrictives, conservatrices. Mais si ces réactions sont immédiates, elles ne sont pas toujours efficaces, de par leur déconnexion avec le terrain, le manque d’explication aux équipes et de nuances.

Pourtant, les crises sont l’occasion de révéler l’audace des équipes. Encore faut-il s’en donner les moyens : cela passe d’abord par une lucidité sur la situation et sur les spécificités des réponses à apporter.

Face à la crise, on se serre la ceinture : les réactions spontanées

Quand l’alerte est lancée, on ne peut pas ne pas réagir. Certes, le premier réflexe peut être la tétanie, donc une paralysie dans la réponse à apporter : on n’ose rien tenter, de peur que la décision aggrave la situation. Inconfort face au manque de pragmatisme, peur de voir que la situation nous échappe… on pourrait parler des conséquences sur les équipes de la tétanie. Mais je préfère attirer l’attention sur les impacts de la réaction inverse, et qui me semble commune à beaucoup d’entreprises qui se sentent en crise : la surréaction frénétique.

Prenons un sujet actuel illustré d’un exemple réel : l’activité économique de marchés asiatiques est en baisse, notamment dans le secteur de l’immobilier et du luxe. Un grand groupe de cosmétiques voit ce ralentissement qui fait baisser ses volumes de vente dans sa branche Luxe.

Ni une ni deux, la réaction – à l’autre bout de la planète – ne se fait pas attendre : un mail est envoyé à tous les cadres, alertant de l’état de crise économique actuel et prévenant de mesures drastiques à venir. Dans les couloirs, lors d’échanges informels, on ressent une fébrilité, on fait attention aux messages qu’on passe aux équipes : « on est en crise, on doit se serrer la ceinture » ! Et les décisions suivent : couper les budgets pour les fêtes de fin d’année, geler les recrutements, arrêter certains projets long-terme…

On comprend facilement l’inquiétude mais surtout l’incompréhension des équipes, face à la décorrélation entre une tendance économique globale et des restrictions budgétaires très localisées. Cette déconnexion se voit aussi entre là où se prennent les décisions (niveau Comex monde) et là où elles doivent être appliquées (niveau directions locales), avec en prime le manque d’explication et de sens de ces décisions. Certainement parce qu’on considère que l’alerte à la crise se suffit à elle-même, il est rare en effet que la Direction prenne le temps d’expliquer aux équipes ces mesures, et donne la possibilité aux managers de proximité de transmettre un discours nuancé et complexe, à l’image du contexte finalement.

Et si la frénésie de la Direction créé une déconnexion avec le terrain, on peut aussi ajouter qu’elle n’est pas la réponse la plus efficace financièrement : car en anesthésiant les équipes, on se prive de leur capacité de rebond pour sortir de la crise ; et on se prive aussi d’opportunités de marchés (main-d’œuvre, investissement…) plus accessibles car moins concurrentielles par rapport à une période d’opulence économique.

Par ailleurs, dans cet exemple précis, on peut légitimement se demander si cette entreprise est réellement en crise : certes le ralentissement économique fait baisser ses volumes de vente, mais connaître une légère baisse de croissance met-elle son existence en péril ?

Il ne s’agit pas uniquement d’un pinaillage de vocabulaire, mais c’est bien révélateur du côté on-off de la crise : si le mot est prononcé, le plan d’action est immédiat pour dégrossir et se serrer la ceinture.

J’ai détaillé ici cet exemple en cosmétique, mais j’aurais pu en trouver d’autres, dans le Retail, dans l’industrie… Quel que soit le secteur, cette réaction de frénésie est révélatrice de la frilosité à l’idée de voir certains indicateurs économiques baisser (croissance du chiffre d’affaires entre autres) : nos finances sont notre bien le plus précieux, donc en cas de crise nous devons les préserver, donc protéger nos marges, réduire les dépenses, dégraisser la machine, faire moins.

Cette vision de ce qui a de la valeur dans les organisations me semble limitée en soi. Et elle créé des réponses simplifiées face à une situation complexe et anesthésie la capacité des équipes à être courageuses, innovantes et audacieuses dans des périodes où ces qualités sont pourtant indispensables pour rebondir.

Et si c’était au contraire, le moment de se montrer audacieux ? Faire mieux plutôt que moins

Réagir différemment et intelligemment, cela repose en effet sur les qualités humaines des équipes, qui sont créatrices de valeur pour les organisations : une capacité courageuse à investir, l’engagement, la réactivité face aux demandes clients, la capacité à prendre des initiatives… Finalement, des qualités humaines qui sont, bien souvent, sacrifiées dans les périodes de crise, au profit de la sécurisation d’indicateurs chiffrés.

Mais comment s’appuyer sur ces actifs et résister à la frénésie quand tout nous y pousse ?

D’abord, on va chercher la lucidité. Comme l’exemple précédent l’a montré, cela vaut le coup de se demander si on l’est réellement, en crise. Car on emploie ce mot pour désigner des situations tellement différentes que prendre le temps de formuler une compréhension singulière de la crise pour l’entreprise, c’est déjà se démarquer.

Concrètement, oser prendre un temps au sein du Codir, pour se poser quelques questions : dans quel contexte économique évolue-t-on ? Quelles conséquences (sur notre activité, sur nos équipes Retail, terrain, support, siège) concrètes pour nous, à court et moyen terme ?

Oser questionner les liens entre le contexte global et l’activité de l’entreprise.

Et quelle que soit la réponse à ces interrogations, je vous invite à questionner ce qui génère de la valeur pour vous, réellement. Faire l’exercice de projection suivant : qu’est-ce qu’on ne voudrait pas sacrifier, quoiqu’il arrive ?

Enfin pour communiquer ces éléments aux équipes, je vous conseille ne pas minimiser les difficultés, avec un discours réaliste mais pas alarmiste (comme on vous le détaille dans notre vidéo également consacrée au sujet).

Avec un constat plus précis et spécifique sur la crise en cours et de ses impacts sur la boite, les réactions à adopter ne se résument plus à vouloir faire des économies de partout. Au contraire, les crises sont peut-être le moment de faire un pas de côté : lancer un projet pour les équipes, pour remettre du mouvement et de l’ambition. D’ailleurs, c’est bien dans ces périodes que se révèlent les capacités des leaders à réveiller l’audace et l’engagement des équipes.

Et ça peut se faire, même dans un contexte critique : je vous détaille deux exemples concrets de réactions à des crises, réactions qui me semblent nuancées et décalées par rapport aux réponses que l’on voit souvent

Le premier cas : quand un projet de vente suscite de l’incertitude

J’ai en tête deux usines de la même entreprise industrielle pharmaceutique, dont l’une était menacée d’être vendue d’ici la fin d’année. Une année complète, sur l’histoire d’une boîte, c’est peu ; mais à l’échelle des équipes c’est énorme et cette attente aurait pu cannibaliser tous les projets en cours. Pour éviter ça, le Codir a partagé à ces deux usines l’ambition d’être beaucoup plus soudées l’une avec l’autre, travailler mieux ensemble. L’idée étant que quelle que soit l’issue (une vente d’une des deux, ou pas de vente du tout), les 2 entités avaient plus à gagner à travailler leur collaboration.

Pour ce faire, 10 chantiers stratégiques et transverses sont lancés. Passée la première réaction frileuse des équipes à s’engager dans une période d’incertitude, des groupes de travail ont été montés et ces chantiers étaient considérés au bout de plusieurs mois comme les priorités qui auront marqué l’année. Année qui aurait pu être vécue comme une longue stagnation anxiogène pour les sites.

Le deuxième cas : une entreprise qui ne cède pas à la panique face à une crise économique

Une autre entreprise d’industrie lourde subit, comme le groupe que j’évoquais plus haut, une baisse de 30% de ses volumes de vente, dans un contexte de crise économique du secteur. Deux réactions simultanées face à cette baisse de volume : des mesures de réduction de frais généraux (diminuer la surface de bureaux, arrêter sa participation à un évènement marketing onéreux, optimiser davantage la répartition des tâches entre salariés…), couplées de mesures offensives et long-termistes axées sur les ressources humaines : recrutement notamment de profils techniques libérés sur le marché du travail, investissement sur la formation, accélération de la maîtrise des savoir-faire… Et le tout communiqué et expliqué aux équipes, qui arrivent sans surprise à intégrer les deux réponses parallèles.

Je pourrais détailler une multitude d’exemples de réactions audacieuses possibles, car il y a théoriquement autant de situations de crise que d’entreprises.

Le point commun, c’est de passer d’une réaction conformiste face à une crise généralisée à une réponse singulière face à une crise caractérisée.

Pour bien manager, ne soyez pas experts !

On se dit souvent que pour bien manager, il faut avoir une connaissance pointue du métier ou s’y connaitre un maximum. Pourtant, les plus qualifiés dans un domaine ne sont pas forcément les meilleurs professeurs et les meilleurs joueurs ne sont pas forcément les meilleurs coachs. Alors faut-il vraiment être un expert pour être un bon manager ? Nous, on a tendance à penser l’inverse… Mais du coup, qu’est-ce qu’il faut ? Qu’est-ce qu’on fait?

 

Généralement, on est promu grâce à son expertise.

 

C’est souvent le cas. Généralement une progression hiérarchique survient parce qu’on devient meilleur dans nos taches. Plus on devient qualifié, plus on monte les échelons, jusqu’à ce qu’un jour, on obtienne un poste de manager. Pourquoi ? Parce que ça peut paraitre logique ou rassurant. Le grand enjeu du management, c’est d’aider son équipe. On peut se dire que quelqu’un qui en faisait partie et en connait les problématiques sera à même de l’aider.

Une autre raison encore plus impactantee est qu’il y a peu de ‘filière expert’ dans les entreprises. La progression logique après l’expertise, c’est le management. Peu importe le secteur : « Junior, senior , manager »

Nous voici-donc dans de toutes nouvelles bottes. Peut-être pour la première fois. Et soudainement, on se retrouve à avoir plus de responsabilités, devoir gérer une équipe et la faire progresser. Prioriser, assurer la production et s’assurer que la machine tourne. Devoir recadrer ou valoriser… Bref, pleins de nouvelles choses vertigineuses qui peuvent faire perdre l’équilibre. Dans ces situations où l’on peut manquer de repères, le réflexe naturel est de s’appuyer sur ce qu’on sait faire. A savoir… le métier des équipes que l’on est censé manager. Après tout, on l’a pratiqué pendant longtemps et on en est là parce qu’on le faisait très bien. C’est normal de s’appuyer dessus.

 

Oui, mais est-ce que c’est vraiment ça notre rôle ? Nos nouvelles responsabilités ne portent pas vraiment sur la maitrise de notre ancien poste, si ? Pas complètement en tout cas. Et ça peut nous pousser à faire pleins d’erreurs contre-productives : Micro-manager, manquer de recul et de vision, participer à l’effet tunnel, ne faire que recadrer et jamais féliciter… et à terme, on manque de temps pour s’occuper des réelles actions que notre position implique.

Mais ce n’est plus notre rôle en tant que manager.

 

Rappelez-vous de vos professeurs préférés. Est-ce que c’était parce qu’ils étaient EXTREMEMENT qualifiés dans leurs domaines ? Peut-être un peu, mais pas uniquement. Un bon prof de maths n’est pas le meilleur des mathématiciens. Et encore moins celui qui fait les exercices à la place de ses élèves pour aller plus vite. C’est avant tout quelqu’un excellent pour transmettre et permettre à ses élèves de progresser.

En pratique, les meilleurs coachs de sports (Deschamps, Phil Jackson, Guardiola, ou autre Claude Onesta) ont été des joueurs de leurs sports respectifs, mais ils n’étaient pas les meilleurs de leur époque. Et pourtant, ce sont tous de très bons managers, car ils excellaient dans autre chose : Leur donner le cadre pour que les joueurs s’illustrent et gagnent. 

(Créer une tactique de jeu, remobiliser les troupes et impliquer toute l’équipe)

Peut-être n’y avez-vous jamais pensé mais Gandalf ou Dumbledore ont d’excellents traits managériaux aussi. Ils offraient à Harry et Frodon les ressources nécessaires pour affronter les obstacles sur leurs chemins en intervenant QUE lorsque l’obstacle était trop élevé.

Manager, c’est tout ça. C’est être un savant mélange entre Deschamps, un prof de maths et Gandalf. C’est aider et enseigner. Faire progresser et guider. Recadrer et féliciter.

Et intervenir, oui, mais que quand on ne peut faire autrement.

 

Alors, par où commencer ?

 

Après avoir dit tout ça, on peut se demander ce qu’on peut faire pour avancer dans ce sens. Bien sûr, ce n’est jamais facile, on a surement des enjeux ne dépendant pas de nous avec la pression qui va avec. Mais certaines actions peuvent quand même nous aider à initier ce changement de posture.

 

Essayez de vous demander quelle casquette vous souhaitez adopter face à vos problématiques : Est-ce que vous devez être plutôt coach, créer une tactique et permettre à vos joueurs de s’illustrer dans l’effectif ? Plutôt professeur qui doit enseigner de manière inspirante et féliciter une bonne note ? Plutôt magicien qui doit donner la ressource parfaite pour affronter un obstacle ?

Vous posez ces questions permettront de privilégier des actions de managers plutôt que d’agir par reflexe et en reprenant la main.

 

De même, questionnez-vous sur les obstacles que traversent vos équipes plutôt que la solution que vous pouvez apporter. Ainsi, vous aurez plus de facilité à identifier les leviers pour leur permettre de les gérer. Ça vous aidera à vous positionner en magicien présent pour aider plutôt qu’en héros là pour triompher.

Vous pouvez aussi changer de questionnement vis-à-vis des livrables et des solutions apportées par vos équipes. Plutôt que de vous demander si ce qui a été produit est parfait, demandez-vous si ça fonctionne. Demandez-vous tout ce que vous n’êtes pas obligés de changer. Et dans un 2è temps, si ça fonctionne mais que vous voulez cranter un peu plus haut/continuer de développer vos équipes, vous pouvez rentrer dans le détail pour mettre votre expertise au profit de plus d’exigence. Avec votre œil extérieur, vous pourrez identifier les angles morts et les gros manquements mais aussi et surtout, valoriser le travail de vos équipes.

 

Tout ceci, vous aidera à faire grandir vos équipes et vous gagnerez du temps pour effectuer ces taches, une des ressources la plus précieuses pour un manager.

En somme, votre plus grande difficulté d’ancien expert sera d’arrêter de chercher la perfection. Et en arrêtant de la chercher, vous vous exposerez aux bonnes surprises : Celle de vos équipes et de leurs progressions, celles des tentatives auxquelles vous n’auriez pas pensé et même, celle de votre propre management !

Pour bien intégrer vos nouvelles recrues, arrêtez de draguer !

La période d’intégration est aujourd’hui devenue un incontournable dans les entreprises… Il ne faut plus juste accueillir et informer, mais plaire et séduire le nouvel arrivant. Est-ce vraiment cela, bien intégrer ?

 

Souvent le réflexe quand on intègre, c’est d’abord de chercher à plaire 

Dans la plupart des entreprises aujourd’hui, l’intégration est un moment savamment orchestré : de la semaine d’intégration au véritable « parcours collaborateur », la période d’intégration est de plus en plus prise au sérieux. Et pour cause, l’enjeu est important : montrer au nouvel arrivant qu’il ne s’est pas trompé dans son choix, s’assurer qu’il corresponde aux valeurs de l’entreprise, bref, lui donner envie de rester. Pour plaire tous les moyens semblent bons, l’intégration devient la danse du paon. 

Là où il y a encore quelques années, l’intégration était synonyme d’un déjeuner avec son équipe pour faire connaissance, aujourd’hui elle tend à devenir une période initiatique qui s’étale sur plusieurs jours. On retrouve ainsi, dans ces périodes « d’onboarding » une mise en scène étudiée : des intervenants clés (les parrains ou marraines), des rituels prédéfinis (la tournée de l’open space, le verre en fin de journée, les cafés de présentation), et puis, de plus en plus, ces fameux « welcome kit », où au fond d’un sac se côtoient goodies, plaquette sur les valeurs et mémo sur l’engagement social et environnemental de l’entreprise. L’intégration semble gouvernée par un seul but : en mettre plein la vue. 

Pourtant, cela fausse la relation dès le départ 

Si l’on gratte un peu le vernis de toute cette mise en scène, on se demande pourquoi il existe une telle inflation d’énergie et de moyens mis au service de l’intégration. Évidemment, l’effort d’accueil réservé aux nouveaux au sein d’une entreprise est louable, mais intégrer n’est pas juste accueillir. Intégrer c’est absorber un élément extérieur, ce qui suppose une période de friction. On se découvre, on se jauge, on s’agace parfois, en somme on apprend à fonctionner ensemble. 
 
Or tout semble fait pour éviter une quelconque friction pendant l’intégration ! Cette période s’apparente bien plus à un sas doucereux où l’on évite que la réalité des choses soit exposée de manière trop brutale au nouvel arrivant. On ne parle surtout pas de la santé économique de l’entreprise, des problèmes de communication ou de relations entre équipes, des dossiers laissés vacants depuis plusieurs mois…

Cette période s’apparente bien plus à un sas doucereux où l’on évite que la réalité des choses soit exposée

Le problème, c’est qu’en cherchant à ne pas bousculer le nouvel arrivant, on le laisse dans une posture d’enfant à qui l’on refuse de faire voir la réalité en face. Et ça, c’est exactement Tinder : une belle image qui tente surtout de cacher ce qu’il y a derrière. 

En réalité, on essaye surtout de se protéger  
 

Si l’on y regarde de plus près, cette période de transition ouatée, qui protège-t-elle vraiment ? Pourquoi tant de précautions ? 
 
Cette mise en scène protège en fait davantage les managers et les équipes que le nouvel arrivant. Le décorum occulte la vraie vie de l’entreprise, pétrie de choses qui fonctionnent mais aussi qui dysfonctionnent. Le nouvel arrivant, par définition, dispose d’un œil neuf sur les choses, sur votre manière de vous organiser, de travailler, de décider en commun et ce regard neuf peut parfois s’avérer cinglant, ou du moins agaçant. Intégrer suppose s’exposer, et donc prendre le temps d’accueillir et de répondre aux remarques, incompréhensions voire critiques. C’est également accepter de lever le voile des illusions qu’entretiennent si bien les plaquettes d’entreprises et les sites web reluisants. Car ce décor confortable maintient aussi les interrogations du nouvel arrivant à distance : tais-toi et regarde. Il est plus facile de créer un décor policé pour quelques jours que d’accepter dès le départ de se frotter aux réactions qui dérangent et renvoient aux limites de l’organisation. Or l’intégration ce n‘est pas juste un spectacle, mais une rencontre entre deux mondes avec la période d’ajustement et de friction nécessaire.  On confond aujourd’hui intégration avec le petit déjeuner de bienvenue : il y a un moment pour être festif et accueillir, un moment pour partager et intégrer. 

Pour bien intégrer, il faut accepter de mettre en danger 

Soyons clairs :  mettre en danger ne signifie pas mettre en péril la relation dès le départ ou créer une sorte de semaine « test » pour voir comment le nouvel arrivant s’en sort. Pour bien intégrer, il va de soi qu’être transparent sur les attentes, la réalité de la santé de l’entreprise et les informations clés est essentiel. Mais alors, pourquoi « mettre en danger » ?

C’est l’inconfort qui permet de faire tomber les masques, aussi bien celui de l’entreprise et du manager que celui du nouvel arrivant. Mettre en danger permet d’aller droit à l’essentiel : moins d’images et de discours policés, plus de relation directe et simple.  Comment alors mettre en danger, sans infantiliser, et sans risque inutile ? 

Plusieurs idées me viennent en tête : 

Tout d’abord arrêter de vouloir protéger, donc arrêter de téléguider les tâches du nouvel arrivant. À vous manager, je ne crois pas que votre rôle ni même, dans la plupart des cas, votre envie profonde, soit d’ajouter à votre charge de travail celle de votre nouvelle recrue. Laissez-le tester des choses, faire en solo certaines réunions, sans vous poser comme indispensable (aussi parce que, avouons-le, ça nous rassure), soyez une abondante source d’informations et de conseils, mais pas d’actions. Oui cela signifie sans doute que les tâches confiées seront réalisées en davantage de temps, mais, au fond, qui croit vraiment à ce mythe du nouveau qui serait parfaitement opérationnel dès le jour 1 ? 

Intégrer prend du temps, et c’est sans doute pour cela qu’il s’agit d’un exercice bien plus difficile qu’il n’y paraît : en entreprise le temps long est souvent évincé.  Et si l’on pense à intégrer une personne, on oublie souvent que la personne elle aussi, a à intégrer. La mise en danger est donc double : la vôtre, puisque vous acceptez de ne pas faire, et que vous prenez le risque du temps perdu ou des erreurs malvenues, mais aussi celle du nouveau, car vous lui refusez un sas rassurant et protecteur où les premières erreurs et les « questions qui tuent » sont évitées. 

Une autre idée de mise en danger peut être d’inviter le nouvel arrivant à questionner les habitudes et modes de fonctionnement de votre équipe ou entreprise. Cela revient, comme il a été dit précédemment, à volontairement vous exposer. Il est aujourd’hui fréquent de lire comme conseil pour « réussir son intégration », qu’il faille observer les comportements et codes implicites de son équipe pour s’y conformer. Je pense au contraire qu’une confrontation de points de vue est bien plus fructueuse qu’un conformisme passif. Inviter votre nouvel arrivant à bousculer les codes que l’on ne questionne plus car bien souvent on ne les voit plus, est une mise en danger qui vous permettra sans doute de vous améliorer et progresser en tant qu’équipe. 

Une confrontation de points de vue est bien plus fructueuse qu’un conformisme passif

Enfin, osez vous mettre en danger … en faisant simple. Aujourd’hui on cherche souvent à en faire trop, à alourdir de rituels creux et pompeux les premiers instants avec le nouvel arrivant, alors qu’en réalité un bon déjeuner et du temps sanctuarisé suffisent bien davantage pour mettre à l’aise et découvrir les nouveaux. Votre disponibilité et votre confiance sur le temps long sont infiniment plus précieuses que tous les artifices que l’on peut voir fleurir.  

Finalement, ne serait-elle pas là, la vraie mise en danger : faire tomber les masques, accepter de ne pas chercher à plaire ou téléguider pour davantage se rendre disponible à l’autre ? C’est en somme laisser du temps et de l’espace pour qu’une vraie relation se construise. Et si l’on vous dit d’arrêter la drague c’est parce qu’elle s’impose plus qu’elle ne lie, mais en revanche rien ne vous empêche d’opter pour une approche bien plus subtile et viable : prendre du temps, être à l’écoute, se montrer disponible sans rien forcer, en un mot se faire fin séducteur plus que pesant dragueur. 
 
 
 

« L’union de la gauche » : un cas d’école pour les managers

 
L’union de la gauche n’est pas qu’un serpent de mer politique… c’est aussi un serpent de mer managérial. Il s’agit de trouver un moyen non coercitif de faire bosser ensemble des gens qui n’en ont aucune envie. Des gens qui se sont fait de sales coups, qui ont été de féroces concurrents, ou qui même sans cela sont bourrés de jugements négatifs les uns sur les autres. Des gens qui portent aussi, dans une certaine mesure, des projets différents ou des croyances différentes sur ce qui est prioritaire et secondaire.
 
Cet épineux sujet de mobilisation, on le trouve fréquemment dans des contextes de fusion d’équipes en entreprise : comment faire que des équipes concurrentes ou au moins différentes se mettent à travailler ensemble ? Et qu’est-ce que ça veut dire pour les leaders des équipes amenées à se rapprocher ? Bref, comment faire en sorte que la mayonnaise prenne ?
 
Commençons par la pire méthode, qui est aussi la plus utilisée : chercher à se mettre d’accord avant d’agir
 
En politique, ça donnerait Hidalgo, Jadot et Mélenchon en train d’essayer de se mettre d’accord sur un programme commun. Lors d’une fusion de deux équipes en entreprise, ça donne les managers de ces équipes en train d’essayer de se mettre d’accord sur les outils à conserver, la répartition des portefeuilles client, etc. Le tout sans la confiance qui permettrait à cette périlleuse tentative d’avoir la moindre chance d’aboutir. Le seul résultat garanti : les procès d’intention réciproques et la polarisation des positions. 
 
La meilleure méthode au contraire, c’est celle des Buddy Movies des années 80. La méthode de L’Arme Fatale 1. Les ingrédients de départ sont les mêmes : Martin Riggs et Roger Murtaugh se détestent mais doivent travailler ensemble. 
 
Mais grosse différence : ils ne vont pas chercher à se mettre d’accord avant d’agir ! Ils n’ont aucun « programme commun » et ne cherchent pas à en avoir. Et heureusement, car leurs méthodes sont à l’opposé. Ils s’entretueraient sans doute s’ils essayaient. Ils ont en revanche un but commun : démanteler un réseau d’agents secrets devenus trafiquants de drogue. Et en bottant ensemble des fesses de méchants vraiment très méchants… ils se rapprochent.
 
C’est le secret pour que la mayonnaise prenne quand ce n’est pas gagné : un but commun très fort, et surtout pas de programme
 
C’est ce qu’il faut à la gauche pour faire l’union, ou à nos deux équipes pour réussir à fusionner. L’absence de programme est cruciale : c’est dans l’action que la complémentarité devient magique, alors que dans la réflexion elle ne produit que des négociations pénibles et stériles. 
 
Et plus globalement, un programme c’est débile par nature non ? Quand on y regarde de plus près, c’est quand même une liste de solutions préconçues à des problèmes d’une infinie complexité… C’est en fait l’inverse d’une démarche humble et pragmatique par essai-erreur. 
 
C’est donc un double renoncement à l’égo dont on parle ici : l’égo d’être le chef de file, et celui d’être détenteur des bonnes solutions. Seul un but commun hyper fort peut permettre d’y parvenir.
 
Précisons pour terminer que ce but, pour fonctionner, doit être positif ! En finir avec la bagnole et les inégalités n’est pas un projet positif pour la gauche. Dire non aux lobbies ne l’est pas plus. C’est cela que la primaire populaire devrait viser : faire émerger le but commun, positif et enthousiasmant, des électeurs de gauche pour la société. Et surtout pas évaluer des candidats ou leurs prétendues solutions !
 
C’est dans l’action qu’on apprend à s’aimer et à coopérer. En politique comme en entreprise. Alors vive les buts simples, et mort aux programmes ! C’est trop tard pour la gauche, mais certainement pas pour faire bosser ensemble des équipes très différentes dans votre entreprise…
 

League of Legends : une « clarification des rôles et des responsabilités » réussie

Le championnat du monde de League of Legends a débuté ! 16 équipes vont s’affronter pendant 1 mois sur l’un des jeux vidéo les plus populaires de ces 10 dernières années. Depuis 3 ans, la finale rassemble 45 millions de spectateurs en simultané : c’est tout simplement l’évènement e-sport le plus regardé au monde.

Alors je l’annonce tout de suite : pour les non-initiés, suivre un match de LoL est tout bonnement impossible. C’est un joyeux bordel de pixels. Et pourtant pour les 45 millions de spectateurs, pas de problème. Pourquoi ? Parce que chacun connaît les rôles et responsabilités de chaque joueur.

 

Une partie de League of Legends dure 30 minutes. 2 équipes de 5 joueurs s’affrontent dans le but de conquérir la base adverse. Chaque joueur choisit un champion parmi une liste de 5 rôles possibles, les 5 mêmes rôles depuis plus de 10 ans : Top, Middle, Jungle, Support et ADC. Pas besoin de rentrer dans les détails techniques, on retiendra seulement que chaque rôle doit être assuré et que le champion choisi est restreint à son rôle : un « support » ne pourra jamais être un « ADC » parce qu’ils n’ont pas les mêmes capacités. Des rôles et des responsabilités très claires auxquels on ne peut déroger. Et pourtant…

Les rôles débordent tout le temps ! On voit le Top se mettre à assurer à la place de l’ADC, le Middle remplaçait le Jungle, le support dans la peau du Middle ! Et cela ne pose aucun problème. Pourquoi ? Parce que les opportunités qui se créent ne peuvent pas tout le temps être prises par ceux qui sont « responsables de » ou « capables de ». On ne gagne pas une partie parce que chacun s’est cantonné strictement à son rôle, on la gagne parce que chacun connaît l’objectif final et que l’on a su transformer plus efficacement les opportunités offertes en vue de servir cet objectif. 

Dans les entreprises, on entend souvent qu’il faut « clarifier les rôles et les responsabilités ». Formule incantatoire destinée à rassurer le manager et l’équipe. Le problème n’est pas là. Quand bien même vous seriez en mesure de dresser la liste de toutes les fonctions de votre activité – il faudra se lever tôt – et que vous parveniez à mettre quelqu’un derrière chacune d’entre elles, quid du reste ? De l’évolution du contexte, des crises, des surprises et des opportunités à saisir ? Vous ne pouvez pas les prévoir. Il y aura toujours du débordement de rôle alors ne perdez pas trop de temps à essayer de tout clarifier.

Évidemment, il est nécessaire d’avoir des rôles clairs et des responsabilités définies – tout comme dans League of Legends – et il est peut-être bon de les rappeler de temps en temps. Mais la prochaine fois que dans une réunion vous entendez « il faudrait clarifier les rôles et les responsabilités » ne cédez pas tout de suite aux sirènes de la facilité. Proposez plutôt de travailler sur comment rendre acceptable le « débordement de ces rôles et responsabilités ». Question moins évidente mais il y a fort à parier qu’elle servira mieux votre équipe et vos objectifs.

S’inspirer des improvisateurs pour travailler son écoute !

L’écoute est l’une des choses les plus difficiles à faire, dans la vie mais bien sûr aussi en management. Or pas de grands managers, pas de grands leaders, qui ne sachent écouter, écouter vraiment et donc dialoguer, débattre, comprendre, accueillir…
Pour en parler de la meilleure manière, nous avons choisi d’en discuter avec des spécialistes de l’écoute : des improvisateurs professionnels ! Dans cette discussion, on parlera de comment se préparer à écouter, comment écouter vraiment quand on est dans le moment, puis comment débriefer (ou s’auto-débriefer) des moments d’écoute afin d’être encore meilleurs la fois suivante ! Un podcast riche en réflexions et conseils dans lequel on a en plus beaucoup ri !

L’Ego, porté disparu des entreprises conformistes

Une des conséquences des dynamiques actuelles, où l’individualisme est combattu férocement et où l’absence de process et de méthode est vu comme une anomalie, c’est la disparition des Ego. Pourtant, l’Ego est utile pour lutter contre le conformisme et le mimétisme, les deux vrais maux du siècle en entreprise.

Le conformisme et le mimétisme galopants

La crise de CoronaVirus, mais aussi les autres crises macroéconomiques récentes ou tout simplement la constatation des décisions prises en entreprise, tout cela montre une chose implacable : nous sommes des moutons ! Tous sur le Lean, tous sur la Chine, tous sur l’Industrie 4.0, tous sur l’Agilité, tous Digital, tous écolos mais pas trop, tous confinés, etc.

Rien d’étonnant à cela, nous regardons les mêmes choses, avec les mêmes yeux, et nous en tirons tous les mêmes déductions. 

Tout le monde regarde les mêmes indicateurs, les mêmes événements, les mêmes influenceurs.

Nous regardons les mêmes choses, parce que nous avons presque tous suivi les mêmes études qui nous ont dit à quoi il fallait faire attention. Autrefois, vous rencontriez des leaders avec des cursus bien différents et/ou des convictions différentes sur le modèle économique de référence (keynésianisme contre monétarisme ou théorie des cycles réels). Tout cela a été remplacé par un modèle hybride, universel, professé dans toutes les grandes écoles (Qui imaginerait un débat passionné sur le modèle économique entre grands patrons aujourd’hui ?). Tout le monde regarde les mêmes indicateurs, les mêmes événements, les mêmes influenceurs.

Et nous les regardons avec les mêmes yeux, car toutes les entreprises suivent les mêmes méthodologies. Franchement, qui ne se passionne pas pour la méthode Agile (ou l’un de ses avatars) aujourd’hui ? Et pour le Lean hier ? Ce sont des méthodes qui sont évidemment très séduisantes mais qui donnent à tous les mêmes réflexes et les mêmes priorités. 

Et est-ce un problème ?

Et bien oui, bien sûr ! Pas d’autorégulation, pas d’autocritique, le conformisme et le mimétisme actuels nous plombent, créent des bulles énormes dont les éclatements déstabilisent le monde entier ou décrédibilisent, a minima, les équipes qui voient leurs leaders changer de « religion » comme on change de chemise. 

 

La traque aux Ego

En trame de fond, le conformisme a pris son envol grâce à la chasse aux sorcières des Ego en entreprise. Confondu avec l’Ambition mégalomaniaque ou vu comme une absence d’écoute par narcissisme ou par névrose, l’Ego a été cloué au pilori. Et puis, l’Ego, amenant parfois à des échecs monumentaux (Serge Tchuruk, Bernard Tapie, Jean-Marie Messier), a été vu comme un frein à la performance de l’entreprise.

Pour le traquer, l’entreprise a donc cadré de plus en plus l’action de ses leaders par des organigrammes de plus en plus « découpés » pour donner des responsabilités toujours plus limitées et croisées (de directeur des ventes… à directeur du parcours clients avec un lien fonctionnel par zones géographiques). Puis une deuxième couche avec les process, les outils et les systèmes qui ont considérablement encadré les pratiques des leaders. Enfin, la cerise sur le gâteau avec des prescrits de plus en plus détaillés sur les postures et les comportements (chartes en tout genre).   

Pour s’en convaincre, il suffit de taper « Ego en entreprise » sur Google, vous ne trouverez pas un article positif. C’est même d’un extrémisme qui montre le dogmatisme actuel sur le sujet.

Quel est le bon Ego et comment le retrouver ?

L’Ego, c’est le moi. Dans le dictionnaire, c’est la représentation et la conscience que tout individu a de lui-même. Dans l’acception populaire, c’est l’affirmation d’une personnalité avec une certaine confiance en soi, parfois abusive ou exagérée, qui permet d’exister singulièrement.

Cet Ego-là est essentiel en entreprise : pour challenger l’avis des autres, pour convaincre en temps de doute, pour avancer en temps de crise, pour faire des pas de côté versus le courant majoritaire, etc.

On souffre bien davantage aujourd’hui du nombre de managers insipides et sans idée que de l’excès d’Ego.

Difficile de distinguer de façon binaire le bon et le mauvais Ego sans faire un remake du chasseur des Inconnus. Disons plus simplement que l’Ego débridé a deux effets indésirables : d’abord il génère un entêtement aveugle pouvant amener à l’échec (Tapie ou Messier sont des exemples de cela avant tout), ensuite il entrave le développement personnel des autres membres de l’équipe car il prend trop de place et ne supporte pas l’expression des autres Ego de l’équipe.  

Mais justement, dans l’entreprise d’aujourd’hui et ses valeurs, ses process, ses contre-pouvoirs, les effets indésirables de l’Ego sont largement maîtrisés. Il sera toujours possible de trouver des exceptions qui confirment la règle. Mais on souffre bien davantage aujourd’hui du nombre de managers insipides et sans idée que de l’excès d’Ego.

Alors comment regonfler l’Ego de nos managers conformistes ? Cela tient en trois idées qu’il convient d’adapter à chaque contexte.

D’abord desserrer l’étau, notamment sur les comportements prescrits et sur la rigidité des processus de prise de décision. Si les audits et les systèmes fauchent toute expression singulière, ça ne peut pas marcher. Souvent, il est possible d’élargir le cadre sans se mette en zone de risque. Encore faut-il se le fixer comme objectif. 

Ensuite, il faut donner des terrains de jeu aux Ego : livrer un sujet à l’expression des stratégies plus personnelles. Comment s’ouvrir à l’international pour une PME ? Comment reconstruire une marque moribonde dans un grand Groupe ? Commencez par choisir des terrains de jeu annexes, que vous agrandirez au fur et à mesure si cela fonctionne.

Et puis cherchez à éviter ou limiter les processus de décision « moyennisant » qui recherchent le consensus, la majorité. Il faut que l’on puisse tenter des choses sans accord de tous. Cela peut passer par accepter ceux qui agissent sans avoir demander la permission et qui se plantent parfois.

Arrêtons d’idéaliser nos grands patrons

Quand on parle de grands patrons, il y a deux sports très pratiqués : le « Boss Bashing » que nous avions déploré dans un précédent article, mais aussi l’idéalisation des Boss. « Il retient tout » ; « il va très très vite » ; « s’il y a une erreur dans la présentation, elle la verra immédiatement » ; « Il connaît tout sur tout », etc. Ce ne sont pas des caricatures, mais des phrases entendues souvent, dans plusieurs entreprises. Pourquoi c’est un vrai problème et comment le résoudre? 

Bien sûr, quand il s’agit de son n+1 ou n+2 que l’on croise tous les jours, on n’a pas ce genre de problème, on connaît bien les forces et les faiblesses de la personne. Mais le top management, celui que l’on ne voit qu’à la grande messe annuelle ou au comité de pilotage ultra-stratégique, là peut se développer parfois une admiration démesurée.

Premier gros problème, l’idéalisation éteint le sens critique

Si le big boss est si fort que vous le dites, pourquoi remettre en cause ce qu’il/elle dit ou fait ? ce serait idiot surtout que si vous n’avez pas compris, c’est que vous n’avez pas la même vivacité intellectuelle que le boss. Si vous avez compris mais que vous trouvez ça bizarre ou contestable, c’est qu’il doit vous manquer certains morceaux du puzzle, car vous ne connaissez pas autant de choses que le boss. Et si vous avez déjà essayé et que ça n’a pas marché, et bien essayez encore puisque l’Être supérieur vous le dit.

Fin de la discussion. Reductio ad patronum !

Ça peut, là encore, paraître extrême mais c’est le comportement que nous rencontrons souvent et qui est le problème principal de l’idéalisation : on se soumet sans se poser de questions. On prend ses suggestions pour des décisions, ses questions pour des doutes, ses doutes pour des jugements, etc.

Le pire, c’est quand ces questions/doutes/suggestions ne sont pas entendus mais rapportés : « Cela ne vient pas de moi mais de Nicolas, désolé ». Fin de la discussion. Reductio ad patronum !

Bien sûr que l’avis du big boss compte, qu’on ne peut pas passer outre. Mais l’écouter sans questionner ou challenger et prendre tout au pied de la lettre, c’est dommageable pour lui, pour vous et pour l’entreprise. Non, il ne connaît probablement pas le contexte du projet aussi bien que vous qui le suivez au jour le jour. Il comprend peut-être vite mais il ne se souvient pas de tout et donc oui… il peut dire de grosses bêtises, et il faut bien qu’il/elle l’entende et donc que vous lui fassiez comprendre d’une façon ou d’une autre.

 

D’autant que c’est une mascarade qui aliène tout le monde

Ce rapport entre le big boss qui rayonne et les collaborateurs qui se soumettent est non seulement inefficace, mais aussi aliénant. Car dans cette mascarade quasi-monarchique, chacun est obligé de maintenir l’illusion de l’autre, même si personne n’y croit vraiment.

Alors on se persuade que c’est brillant et on exécute. Tout le monde y perd mais les apparences sont sauvées. Ouf !

D’un côté, le big boss sait bien que son avis peut être bancal, qu’il n’a pas assez de temps pour faire le tour de chaque question, qu’il ne sait pas quoi dire ou quoi faire parfois. Mais peut-on décevoir des fans, ou en tous les cas des collaborateurs qui attendent une sortie pleine de certitude, un avis tranché ou une critique ciselée ? Alors on essaye de sortir une fulgurance, on en rajoute, on joue le rôle.

Et de l’autre côté on applaudit, en pensant que même si la remarque est discutable, celui ou celle qui l’a prononcé n’est pas là par hasard et que de toute façon, il/elle ne supporterait pas qu’on y trouve quelque chose à redire. Alors on se persuade que c’est brillant et on exécute. Tout le monde y perd mais les apparences sont sauvées. Ouf !

 

Enfin, ce n’est surtout pas vrai !

Car soyons clairs, les grands patrons sont souvent des gens méritants qui ne sont pas là par hasard. Mais rares sont les esprits brillants à ces niveaux-là. Il ne faut pas être hypermnésique, surdoué et cultivé pour devenir un grand patron. Pour être professeur d’université, chercheur ou grand expert oui, mais pour être patron ce serait presque un handicap.

Car la qualité d’un grand leader n’est pas sa supériorité intellectuelle mais un état d’esprit d’entrepreneur, une capacité à prendre des risques, la ténacité, et d’autres qualités de caractère qui lui permettent de fédérer, guider, mobiliser. Pour le reste, il a besoin de son équipe pour l’aider, lui donner des informations et des conseils, pour réfléchir à sa place en quelque sorte. Et en idéalisant, à tort donc, son chef, c’est exactement ce que vous ne faites pas…

Comment y remédier ?

La première chose à faire, c’est de mettre fin à la mascarade dont nous parlions tout à l’heure, celle qui consiste pour un patron à jouer le rôle du génie face à des équipes qui se persuadent qu’il en est un. A priori, ce n’est faisable que par le grand patron lui-même ou par ceux qui tiennent le système de l’entreprise (RH, membres Codir, actionnaires). Pour mettre fin à la mascarade rien de plus simple, exprimer ses incertitudes, ne pas donner d’avis trop tranchés quand ce n’est pas indispensable, poser des questions ouvertes, laisser des alternatives.

Ensuite, ce que tout le monde peut faire, c’est mettre son big boss au boulot. Plutôt que de ne faire que des présentations à juger et des rapports à critiquer, faites aussi des brainstormings, des réunions de travail où vous vous attaquerez ensemble à des questions auxquelles personne n’a la réponse. Essayez même juste de temps en temps, pour changer, cela installera un autre climat, un autre rapport de force. Vous verrez que votre boss est bon mais pas brillant, il ou elle pourra être utile sans avoir à jouer le rôle du je-sais-tout dont beaucoup sont lassés. Tout le monde y gagnera. 

ALBUS CONSEIL