Albus Conseil
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La raison mobilisatrice, une illusion !

La raison mobilisatrice, une illusion !
La raison mobilisatrice, une illusion !

/Manager le changement

Il est étonnant de constater que des dirigeants de grandes entreprises, malgré leurs expériences peuvent se bercer d’illusions quand il s’agit de faire changer l’organisation dont ils ont la charge. 

 

« J’ai envie donc ils auront envie »

Embauchés à grand frais ou issus du rang après une carrière exemplaire, les dirigeants arrivent dans les organisations pétris de volonté, d’énergies et de certitudes.

Un rapide diagnostic, et les défauts sont mis à jours : l’entreprise s’est endormie sur ses lauriers, n’innove plus, n’a pas investi les bons marchés. Et c’est souvent vrai ! En s’intéressant à une organisation et surtout en venant de l’extérieur, on en découvre très vite les failles.

Partir bille en tête sur les problèmes identifiés, c’est oublier que si le dirigeant est nouveau, les équipes, elles, n’ont pas changé de contexte.

Devant une telle évidence, nos managers rédigent alors (à la hâte, souvent), des objectifs rarement révolutionnaires mais pétris de bon sens et expriment même sans s’en rendre compte les opinions dominantes de ceux qu’ils ont rencontré et qui leur ont dit : « il faudrait faire ci, ou ça » « Le problème chez nous c’est… » Les objectifs sont souvent justes, mais ils ne suffisent pas à mobiliser.

 

Le diagnostic ne suffit pas

Partir bille en tête sur les problèmes identifiés, c’est oublier que si le dirigeant est nouveau, les équipes, elles, n’ont pas changé de contexte. Ces problèmes ont souvent été identifiés depuis longtemps et leur persistance est venue à bout de l’énergie des équipes.

Le volontarisme du dirigeant ne change rien et il se retrouve souvent, 3 à 6 mois plus tard avec des résultats dans la lignée de ses prédécesseurs et des actions qui n’ont pas pris sur le terrain.

Dans les entreprises en difficulté depuis des années, combien de dirigeants se sont succédé ? La plupart avait sans doute le bon diagnostic, et même la bonne solution… Chez Virgin, les 10 dernières années sont une suite de plans pour contrer la montée d’internet… Toujours portés avec une conviction inébranlable… Et chez Alstom ?

Même dans les entreprises qui résistent… Nous travaillons dans la distribution depuis 8 ans… Et depuis 8 ans, les enseignes ont toutes des plans ambitieux pour profiter de la vitalité d’internet… Mais combien se font réellement ? Plutôt que d’en faire un projet global pour inventer le commerce de demain, c’est souvent une réponse aux attaques des acteurs d’internet, les « pure players ». Résultat, les grandes convictions se traduisent souvent en un projet Internet qui a du mal à mailler avec les magasins et qui n'entrainent pas les équipes dans une vision différente de leur métier et de leurs clients.

Dès lors, comment mobiliser les équipes pour que les idées deviennent réalité ?

 

La mobilisation ne se fait pas contre (des problèmes) mais pour une Vision qui donne envie 

Les patrons mythiques sont des inspirateurs, des personnalités souvent humbles, centrées sur autre chose que leurs certitudes. Dans des organisations importantes, le véritable enjeu est d’inspirer aux autres l’envie de vous suivre. Cela nécessite de comprendre que réussir le changement ce n’est pas d’aller le plus vite possible, mais au rythme de ceux qui veulent bien les suivre, leurs alliés.

Le management chez Decathlon ou Leroy Merlin n’est sans doute pas parfait, mais il y a dans ces entreprises davantage que des tableaux de bord.

Ce mois-ci, nous chroniquons Mermoz, raconté par Kessel. Et l’on comprend que ce qui pousse des jeunes hommes à risquer leurs vies pour un paquet de lettres d’amour c’est :

    • La passion du métier, attisée par l’idée que malgré le nombre d’heures de vol, chaque acte reste extraordinaire
    • La conviction profonde que rien au monde n’est plus important que ces lettres.
    • La gloire conquise au retour.

Rien de rationnel là-dedans

Les exemples de ce type existent aussi dans les entreprises : Décathlon ou Leroy Merlin innovent depuis des années et conquièrent des parts de marché sous l’aile exigeante et bienveillante de la famille Mulliez ; Essilor produit en France et vend dans le monde entier avec une vocation très affirmée d’innovation et pas seulement de chiffre d’affaires. Leur management n’est sans doute pas parfait, mais il y a dans ces entreprises davantage que des tableaux de bord.

Nos managers doivent se rappeler que leur métier est d’inspirer les héros, qu’ils ne sont rien sans eux… et qu’au fond, le pouvoir est détenu par ceux qui sont sur le terrain… Voilà qui n’est pas une illusion !

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